Encadrement sur les chantiers neufs avec la RE 2020

Présentation de la réglementation RE 2020

Terrain d’avenir pour la transition écologique, l’encadrement sur les chantiers neufs avec la RE 2020 pour couperet est désormais structuré dans une logique écoresponsable. Sauf que l’artisanat du bâtiment, lui, vit surtout de la rénovation où les contours de l’écoresponsabilité sont encore en construction, ne serait-ce que dans sa définition. Comment répondre à cet enjeu ?

Des clients encore peu concernés par cette norme

Au sein de l’Atelier de l’aluminium, on est à la pointe 1 de menuiserie métallique de la tendance pour la clientèle de particuliers. À l’instar de cette nouvelle gamme de verrières d’atelier intérieures LOCA en aluminium qui fait l’objet d’une mise en avant dans son CRÉATION 2043 | GÉRANT Denis Authier, 49 ans EFFECTIF 24 personnes CA 2021 3,9 M€ showroom. L’entreprise s’est équipée d’un tout nouveau logiciel pour réaliser la conception de ces ouvrages et a formé ses salariés.

En étroite collaboration avec son partenaire gammiste aluminium Profils Systèmes, elle met aussi en avant sur ses devis l’obtention par ce dernier de la certification internationale Cradle to cradle. Cette dernière, qui valorise l’économie circulaire, prend en compte la composition du produit, la réutilisation des matériaux, l’utilisation des énergies renouvelables, La gestion de l’eau et l’équité sociale. De quoi séduire les clients à la fibre verte en recherche de solutions écoresponsables sur les chantiers. Pour autant, « nous n’avons pas vraiment cette demande, dévoile Denis Authier.

Nous la mettons en avant pour au moins présenter cette démarche vertueuse dans laquelle notre gammiste a décidé de s’engager ». De l’écoresponsabilité visible et tangible. « Pour notre part, nous sommes en train de transformer le parc des véhicules de nos commerciaux par des voitures électriques. » Avec le souhait d’agir en premier lieu sur l’empreinte carbone de l’entreprise et sur son impact environnemental. D’autre part, « cette démarche vise aussi à alléger le coût pour l’entreprise, concède Denis Authier, quand il faut aussi composer avec des énergies dont les tarifs flambent. »

Un autre pied dans l’écoresponsabilité. Mais côté clients, « elle n’est pas une préoccupation. Hormis, cette dame qui nous a demandé de l’assurer que notre aluminium ne venait pas de Russie en raison du conflit en Ukraine. Mais l’éventualité qu’il puisse provenir de Norvège ou du Canada avec l’impact carbone du transport ne la dérangeait pas, souligne Denis Authier. Après l’aluminium est un matériau recyclable à l’infini. D’ailleurs, il commence à être collecté et valorisé pour fabriquer des fenêtres. Mais a priori, les clients en ont plutôt peur. Comme les premiers papiers recyclés qui ont été vendus, ils ont l’impression qu’ils vont avoir un aluminium de moins bonne qualité, alors que ce n’est pas du tout le cas.

Ce réemploi ne change en rien les propriétés du matériau », précise Denis Authier. C.Q.F.D: l’écoresponsabilité sur les chantiers résidentiels privés reste encore d’abord liée au bon vouloir et à l’appétence, l’’écoresponsabilité imprime d’autres enjeux. « Un chantier propre donne une image de la maison qui est attrayante, reprend Régis Croguennoc.

L’autre point notable est qu’il est ainsi possible de contribuer à l’attractivité de nos métiers. Nous nous sommes confrontés à un vrai sujet qui est celui du renouvellement des générations. Or, pour séduire des candidats dans nos métiers, il faut réduire la pénibilité sur le chantier qui est une composante de l’écoresponsabilité dans un engagement sociétal. Le choix des matériaux aussi y contribue. Depuis 10 ans, nous avons arrêté les produits maçonnés, nous sommes passés sur des hourdis plus simples à manipuler », ajoute le directeur technique et informatique du groupe breton.

Idem pour la pose de la membrane d’étanchéité en toiture, «nous en posons 70 000 m2. Nous avons remplacé la colle qui était nocive pour les poseurs par une fixation mécanique. Nous évitons aussi les nuisances en électrifiant 90% denos chantiers avec des coffres électriques provisoires. Être écoresponsable signifie aussi s’intéresser de très près à toutes les solutions qui vont permettre de rendre le métier moins pénible, moins dangereux, moins impactant et de fait, plus attractif », insiste Régis Croguennoc.

Pour répondre à un chantier écoresponsable en rénovation quand on est artisan Jean-Claude Rancurel, président de l’Una CPC (couverture plomberie chauffage) de la Capeb souligne plusieurs actions à mener. Avec pour la première: « essayer de rester le plus local possible. Ce qui signifie limiter les trajets pour aller prospecter de nouveaux clients, pour aller travailler, pour s’approvisionner chez les négoces. Tout cela contribue à améliorer l’empreinte carbone de l’entreprise.» Le chef d’entreprise rappelle aussi « qu’il faut avoir une vision globale du chantier en proposant à ses clients des solutions qui associent des particuliers.

Des signes de qualité à minima pour un chantier ecoresponsable

Qu’est-ce qu’un chantier écoresponsable ? D’abord, une démarche. En Île-de-France, où le bâtiment pèse chaque année 10 millions de tonnes par an dans la balance des déchets, la FFB région Île-de-France, la FFB Grand Paris Île-de-France, et la FFB Île-de-France Est ont par exemple lancé en mars dernier Chantier Responsable: un outil d’accompagnement méthodologique. Objectif: accompagner les maîtres d’ouvrage dans la réduction de l’impact environnemental de leurs projets avec lancement d’Appel à manifestation d’intérêt (AMT).

Au menu de cette démarche sous patronage de la direction régionale de l’’Ademe: améliorer la sécurité des chantiers, optimiser la gestion des déchets, réduire les nuisances et assurer la qualité de ouvrage en valorisant l’image de la profession. Des engagements, qui sont des composantes de l’écoresponsable dont les acteurs de la construction se son tempérés.

À l’instar de Trecobat, constructeur de maisons sur mesure en Bretagne et dans le Grand Ouest. Mais pour participer à des chantiers écoresponsables faut-il montrer patte verte? « Ce n’est pas notre critère de sélection, annonce d’emblée Régis Croguennoc, directeur technique et informatique au sein du groupe Trecobat. Nous travaillons d’abord avec des artisans par rapport à leurs compétences. » Sachant que le modèle économique de ce constructeur est particulier dans la mesure où il achète lui même ses matériaux.

« Pour nous, la priorité reste la qualité d’exécution. Par exemple pour traiter avec soin l’étanchéité à l’air du bâti qui suppose que tous les corps d’état du second-oeuvre y ont été formés ainsi que leurs compagnons. La qualité de la mise en œuvre reste un sujet important pour garantir la performance du bâti.»

De même si le groupe Trecobat organise lui-même la gestion et le traitement des déchets, « nous attendons de nos partenaires artisans qu’ils respectent les consignes de tri.» De par son modèle et son marché, ce maître d’ouvrage organise l’écoresponsabilité sur le chantier. « Mais que l’on soit en RT 2012 ou en RE 2020, notre niveau d’exigence vis-à-vis de nos artisans est le même, ajoute Régis Croguenoc. Le côté écoresponsable, c’est nous qui l’appréhendons dès le départ au travers de nos choix de matériaux, et en aval sur l’aspect collecte des déchets. »

Des idées pour un chantier ecoresponsable

  • Privilégier des matériaux biosourcés, renouvelables mais aussi éco-conçus. Les industriels s’engagent de plus en plus dans cette voie. L’indicateur : les FDES (Fiches de déclaration environnementales et sanitaires) consultables sur la base Inies : www.inies.fr
  • Adoptez l’économie circulaire. La seconde main prend de l’ampleur aussi dans le bâtiment. Il existe de plus en plus de plateformes et marketplaces structurées (Cycle Up, Backacia…) pour permettre le réemploi et ainsi limiter les déchets inutiles de production tout en faisant des économies.</.li>
  • Pensez local. Aussi bien en matière d’approvisionnement, en produits et matériaux, en privilégiant si possible le made in France, voire Europe. Depuis la crise sanitaire, les particuliers sont encore plus sensibles aux circuits courts et au locavore. Mais aussi en matière de déplacements pour limiter les émissions de CO,
  • Estimez les justes quantités. Matières premières, matériaux, consommables, jaugez avec précision les besoins pour éviter les stocks inutiles, les déchets non valorisables.
  • Limitez les nuisances sur le chantier. Qu’elles soient visuelles où sonores. L’image de l’entreprise en sera améliorée.
  • Accompagnez la sécurité et le bien-être des compagnons. En travaillant dans un environnement sécurisant où les règles de sécurité sont comprises, acceptées et validées, port des EPI y compris. Les produits et matériaux utilisés limitent la pénibilité, les risques de TMS, et les impacts sur la santé de manière générale.
  • Associez vos compagnons à vos démarches. En les formant, en communiquant les bonnes pratiques, en expliquant leur impact positif sur l’environnement mais aussi sur leur qualité et leur confort au travail. impliqués et conscients des enjeux, ils vont y adhérer et seront plus responsabilisés.

Moins de pénibilité

Mais pour Régis Croguennoc une autre notion est à souligner. « Écoresponsable signifie aussi respecter chacun. On laisse les moyens à un artisan de rendre un chantier propre. Or, la sécurité est primordiale. Un maçon qui laisse traîner de la ferraille dans les hautes herbes peut engendrer des chutes de plain-pied alors qu’on aura précisé où stocker le surplus, et que nous gérons ensuite la collecte ». D’autant que l’’écoresponsabilité imprime d’autres enjeux. « Un chantier propre donne une image de la maison qui est attrayante, reprend Régis Croguennoc. L’autre point notable est qu’il est ainsi possible de contribuer à l’attractivité de nos métiers. Nous nous sommes confrontés à un vrai sujet qui est celui du renouvellement des générations. Or, pour séduire des candidats dans nos métiers, il faut réduire la pénibilité sur le chantier qui est une composante de l’écoresponsabilité dans un engagement sociétal.

Le choix des matériaux aussi y contribue. Depuis 10 ans, nous avons arrêté les produits maçonnés, nous sommes passés sur des hourdis plus simples à manipuler », ajoute le directeur technique et informatique du groupe breton. Idem pour la pose de la membrane d’étanchéité en toiture, «nous en posons 70 000 m2. Nous avons remplacé la colle qui était nocive pour les poseurs par une fixation mécanique. Nous évitons aussi les nuisances en électrifiant 90% de nos chantiers avec des coffres électriques provisoires. Être écoresponsable signifie aussi s’intéresser de très près à toutes les solutions qui vont permettre de rendre le métier moins pénible, moins dangereux, moins impactant et de fait, plus attractif », insiste Régis Croguennoc.

Rester le plus local

Pour répondre à un chantier écoresponsable en rénovation quand on est artisan Jean-Claude Rancurel, président de l’Una CPC (couverture plomberie chauffage) de la Capeb souligne plusieurs actions à mener. Avec pour la première: « essayer de rester le plus local possible. Ce qui signifie limiter les trajets pour aller prospecter de nouveaux clients, pour aller travailler, pour s’approvisionner chez les négoces. Tout cela contribue à améliorer l’empreinte carbone de l’entreprise.» Le chef d’entreprise rappelle aussi « qu’il faut avoir une vision globale du chantier en proposant à ses clients des solutions qui associent des particuliers. plusieurs gestes de travaux. » Par exemple, remplacer une vieille chaudière, renforcer l’isolation, remplacer les fenêtres, mettre en place une ventilation performante. générale, cette démarche consiste à proposer des produits, des systèmes plus performants qui utilisent les énergies renouvelables, plus économes, plus respectueux de l’environnement.»

L’accompagnement du client: une action clé de l’écoresponsabilité

Autre étape clé pour le président de l’’Una CPC pour s’engager dans un démarche écoresponsable: « il faut bien préparer le chantier en amont. Ce qui signifie aussi proposer à ses clients de réaliser une évaluation thermique. » Objectif: identifier au mieux les améliorations à apporter au logement en matière de confort, d’économies et de bien être dans l’habitat. « Il convient aussi de se grouper avec des collègues artisans, comme nous, RGE et que l’on connaît bien.

Ainsi, on s’assure qu’ils auront une démarche qualitative similaire à la nôtre, ce qui sera également une plus value pour le client », précise Jean-Claude Rancurel. Cette écoresponsabilité se traduit pendant le déroulement du chantier, « par une attention toute particulière au tri des déchets, à la propreté du chantier, éviter le gaspillage, ces gestes contribuent à l’écoresposabilité de chaque entreprise intervenante », précise l’artisan. Sans oublier qu’une écorénovation n’est réussie que si l’expérience est aussi partagée avec le client. «À la findu chantier, il faut prendre le temps de conseiller sur la bonne manière d’utiliser son logement rénové au niveau confort et économies d’énergie. »

En somme, répondre à un chantier écoresponsable en rénovation, « C’est s’engager dans une démarche RSE tout au long de l’année, résume JeanClaude Rancurel. La Capeb l’a bien compris. Elle a créé, il y a des années le label Eco-Artisan, devenu ensuite une qualification RGE fondée sur une vision globale de la rénovation énergétique. Elle a aussi créé, le label Artisans engagés, démarche valorisant la RSE des entreprises. Pendant longtemps, les artisans ont fait de la RSE sans le savoir. Aujourd’hui, nous la mettons en application sur les chantiers », conclut le président de l’’Una CPC. Pour un habitat durable et plus écologique.